Football et littérature ou littérature et football
Quel lien plus évident ?
"Tout ce que je sais de plus sûr à propos de la moralité et des obligations des hommes c'est au football que je le dois ."
Albert Camus
"Un ailier est un enfant perdu" (Henri de Montherlant).
Le football aujourd'hui omniprésent , phénomène contemporain et presque civilisationnel, rencontre désormais la littérature éternelle.
L'acte physique et technique adoubé par des foules conquises a grandement besoin des mots , des phrases , des textes pour être bien conté , joliment raconté et aussi mieux vendu.
Depuis la phrase mentionnée plus haut, bien des ballons ont arpenté bien des pelouses . Et ces ballons font désormais l'objet d'incessantes , et inégales relations. Les traditionnels comptes-rendus sportifs radiophoniques et sur papier , autrefois seuls au monde , sont dorénavant accompagnés par les media modernes jugés par leurs utilisateurs plus efficients parce que plus rapides , plus investigateurs , plus explicites , plus commodes aussi. L'image et l'oralité , le bruit ont tendance à amoindrir l'écrit .
Mais ce fatras innovateur et inlassablement renouvelé n'a pas , pour l'heure, totalement chassé les mots , les phrases et les textes . Et des mots , phrases consacrés au football , il y en a , fort heureusement , encore . Il y en a même davantage parce que la discipline concernée est devenu ubiquiste. Et Henri de Montherlant et Jorge Amado ont aujourd'hui des successeurs .
Nul besoin de s'attarder sur le cliché éculé censé opposer le supposé intellectuel et le présumé sportif ... Evitons ainsi les questions familières et , évidemment , sans réponses .
Une occupation de l'esprit ne saurait être incompatible avec une activité , à priori très éloignée , privilégiant l'aspect physique .
Pourquoi l'une n'aurait-elle pas besoin de l'autre et pourquoi la première ne se mettrait-elle pas au service de la seconde , et inversement ?
La littérature est probablement un ces lieux rêvés de la transversalité, tous les actes de la vie requérant son utilisation, voire sa participation. Rien ne se fait plus sans être relaté . Ainsi , paraphrasant P. Verlaine, on pourrait presque affirmer que "tout est littérature".
Il est grand temps pour moi de passer aux aveux . Je ne fais que prêcher pour ma modeste paroisse , laïque en l'occurrence .
J'aime lire et même écrire , d'ailleurs comme on peut le constater j'essaie , et j'aime toujours le football même si en ces temps de ballon rond scandaleusement financiarisé la passion cède un peu de terrain à la raison. Il m'arrive , parfois mais relativement fréquemment de donner mon avis sur tel ou tel thème , dans tel ou tel forum traitant de football. Outre , les indispensables règles de politesse , je m'efforce de produire des écrits de qualité. Cette modeste mais réelle ambition est, au-delà des considérations de fond, une des raisons fondamentales de ma participation.
Il est désormais un lieu où football et littérature se rencontrent journellement et continuellement. La Toile leur sert dorénavant de terrain de jeu. Les divers sites observés sur internet disposent quasiment tous d'un "courrier des lecteurs" numérique. Il est inutile de s'attarder sur les méfaits de "la multitude vile" déversant en ces lieux ses insanités , l'amour immodéré du maillot ne pouvant tout excuser . Fort heureusement , de très nombreux participants respectent les règles de la bienséance et s'attachent à donner à leur publication un caractère pertinent et agréable à consulter . Le recours à l'argumentation, l'apport informatif , voire souvent historique , l'apparition de saillies humoristiques , l'expression d'une réelle passion rendent extrêmement intéressante la consultation et la lecture de ces messages et leur confèrent parfois un indéniable aspect littéraire.