"Un large pan de ce qui fait la richesse de l'humanité disparait sous nos yeux, sans émotion collective . Le siècle en cours pourrait voir s'éteindre avec leurs derniers locuteurs la majorité des plus des sept mille langues répertoriées dans le monde" .
Poursuivons : "Mais le grignotage de la moindre parcelle sauvage au détriment des peuples autochtones et la mondialisation croissante des échanges avancent tel un rouleau compresseur culturel".
"Le pouvoir des langues ne s'exerce pas que symboliquement . La domination de quelques unes prend une forme éminemment politique quand elles s'imposent contre les langues maternelles".
"L'homogénéité occidentale autour de l'alphabet latin contraste avec la diversité asiatique."
"Depuis l'époque moderne , quelques langues ont émergé , facilitant la communication d'une région, d'un pays , voire d'une domination à l'autre ".
"Quand le mauvais rêve d'une langue unique réapparait , porté par l'industrie du divertissement et les zélateurs de l'anglais il convient de rappeler que chaque jour s'invente ou s'enrichit une langue ".
Extraits d'un article intitulé "Entre domination et résistance" publié dans le numéro 828 de décembre 2022 du Monde Diplomatique .
Des milliers d'idiomes sont , en effet, menacés. On aurait grand tort de ne voir là qu'une impitoyable fatalité. L'action de l'homme , ici "homo économicus" , ne saurait être occultée, loin s'en faut . Le capitalisme mondialisé inextinguible et vorace se soucie fort peu du sort des langues vernaculaires et de leurs locuteurs . Son action a , outre les conséquences culturelles immédiates , des répercussions démographiques : dilué le peuple , réellement et concrètement morte la langue... Et , au bout le "mauvais rêve d'une langue unique" peut se transformer en une amère matérialité.